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10/01/2015

Un passant fulgurant, par Gérad Guégan

Jean-René Huguenin,

Le titre est long - « Un jeune mort d’autrefois. Tombeau de Jean-René Huguenin » -, mais ne ment pas. Sous la plume de Jérôme Michel, tout est dit, nous semble-t-il, sur cet écrivain, de haute lignée, tombé au front de la vitesse à l’âge de 26 ans, une semaine avant que Roger Nimier ne trouve lui aussi la mort sur la même route. Une telle coïncidence, romanesque, pour ne pas dire romantique, aurait dû engendrer plus d’une fiction. Car Nimier était en quelque sorte le frère aîné d’Huguenin, dès lors qu’ils avaient partagé le même père : Georges Bernanos, le grand maître des refus transcendants. De plus, comme Nimier, Huguenin passa pour « fasciste » aux yeux des censeurs du politiquement correct. À croire qu’il suffisait de « faire louange du courage » ou de « rêver de grandeur » pour être aussitôt voué aux gémonies. On signalera tout de même aux prompts accusateurs d’Huguenin (tel Philippe Forest) que, dans cette même période (années 1950-1960), de jeunes communistes se réclamèrent pareillement du courage et de la grandeur. Et adoptèrent, eux aussi, le « parti » de Bernanos l’antifranquiste.

Huguenin, simplement, eut plus de grâce que la plupart de ses contemporains. Avec profit, et bonheur, on ne manquera donc pas de lire (en poche) son unique roman, « La Côte sauvage », et son « Journal », l’un de ces livres vers lesquels les âmes sensibles reviennent périodiquement. Il est vrai qu’Huguenin était né chanceux, au sens profond du mot. Ainsi, entre 4 ans et 8 ans, il avait connu la défaite de 40 et l’Occupation - ça marque.

 

1er avril 2013

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