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25/11/2014

Lectures vagabondes, par Véronique Poirson

Roger Nimier, Hussards, Thomas Morales

Thomas Morales , journaliste, critique et écrivain a une belle plume. Vive, gaie, acérée, assassine, nostalgique.

En près de quatre-vingts articles, il nous fait partager enthousiasmes et coups de gueule, et il est fort en gueule, le bougre !

Souvent, au fil des pages j’ai pensé à Yves et Eric : à tous les coups cette lecture les réjouirait.

C’est essentiellement dans un 20ème siècle littéraire plutôt en son début ou à mi-chemin qu’il part vagabonder pour redonner vie avec une grande tendresse à des écrivains que les moins de vingt ans ne connaissent pas, que les plus de vingt ans ne connaissent plus, pour beaucoup, sûrement.

Les hussards, Blondin, Nimier, Marcel Aymé, et Pascal Jardin, Paul Morand, Pierre Mac Orlan ou Louis Nucéra en « délicieuse échappée littéraire » nous sont présentés en offrandes magnifiques. Bien sûr, la liste de ces noms a un parfum assez prononcé à droite. Disons que ça flirte bon train anards de droite. Mais Morales veut équilibrer avec quelques représentants de bord opposé comme Roger Vaillant qui « ne donne pas de leçons d’économie politique, il constate seulement les injustices du monde, mais quand il les écrit, on les sent battre dans notre cœur avec plus de force ».

Quoi qu’il en soit, là n’est pas l’important. L’important c’est cette passion communiquée, ce désir d’aller illico presto dénicher les titres cités, d’aller au cœur du style, de la belle langue, qu’il vante, qu’il promeut, qu’il défend. Quand il évoque l’empereur tsigane des lettres- Kessel, Albert Cossery l’indigné, grâce à qui « on se dit que la vie, malgré tout, mérite d’être vécue », Fallet qui « a mis sa plume dans les pas de Villon, Carco, Rabelais, Céline, Baudelaire ou Léautaud », ces écrivains qui font chanter la vie, avec la politesse du rire, qui donnent à vivre les anonymes, « des gueules surgies de nulle part », des « braconniers du bitume », on goûte par avance la joie de les lire ou les relire….

Comment ne pas se retrouver dans cette belle évocation d’« une patrie nostalgique des lettres françaises », ce goût un peu cliché pour les vespas et les délicieux voyages en train d’antan « pleins de promesses et d’espoir » ? En plus, il sait se faire le chantre inattendu du Berry ou du slow qui « lui seul peut nous sauver » contre la virtualité des écrans et des pseudos. Et nous refermons le livre, pleins de bonne humeur et de désirs de lecture.

22 octobre 2014, « Lectures vagabondes – Articles buissonniers » de Thomas Morales (La Thébaïde, coll. Au marbre)

Commentaires

J'apprécie vraiment votre blog , je me permet donc de mettre un lien vers le mien , je suis serrurier paris http://serrurierparis-infos.fr/serrurier-a-paris/

Écrit par : invité | 02/12/2014

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