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29/05/2014

Cioran cet élève du dernier rang

Club Roger Nimier, Cioran,

Nimier parlant de Cioran : « Distinguons, lisons cet élève du dernier rang, placé dans l’endroit le plus sombre de la classe et qui écrit de si belles narrations. »

Cioran est le prix Roger Nimier 1977, pour l'ensemble de son oeuvre.

 

28/05/2014

Jean-René Huguenin enfin, par Jean-Baptiste Fichet

Jean-René Huguenin,

Causeur, 30 mars 2013

Jean-René Huguenin, ce nom circule aujourd’hui comme une pierre précieuse, un talisman qu’on remet, de main à main, avec la certitude de la conversion. Bien qu’adoubé par Mauriac et Gracq, Huguenin reste ce trésor discret aux pieds de vieux dragons et de lézards moribonds : la bande du lycée Claude-Bernard, les fondateurs de Tel Quel, parmi lesquels Sollers, Renaud Matignon, Hallier enfin, « jumeau astral » qu’il faut mettre à part et qui fut le seul à prendre le temps d’évoquer son jeune ami mort à 26 ans dans un fracas de tôle en septembre 62, tout comme Roger Nimier le même mois, dans des circonstances similaires.

Jean-René Huguenin, c’est une soif d’enragé, une souveraineté féroce, qui étourdissent, et intimident dès les premières pages du Journal. La Côte sauvage (son unique roman), les textes donnés aux revues Arts, La Table Ronde, Les Lettres françaises, sont là également pour attester de cette liberté altière, solitaire, bien loin du dandysme frelaté d’une certaine droite littéraire, souvent trop imbue de marginalité chic.

Dans Un jeune mort d’autrefois, Jérôme Michel se saisit, avec une belle pudeur, de cette figure ensevelie. Nulle biographie ici, mais un tombeau, sorte de masque mortuaire où le couteau du sculpteur vient imprimer sa marque discrète. Ce tombeau, d’où Huguenin rejaillit sous nos yeux, c’est aussi celui d’une époque, d’une façon singulière qu’on avait d’être jeune. Jeunesse, enfance : mots que le jeunisme contemporain ne nous permet plus de manipuler qu’avec des pincettes ; mots dont Huguenin, après son cher Bernanos, sut nous restituer l’énergie.

Le temps passe vite, et, que nous ayons vingt-cinq, trente ou quarante ans, c’est avec la même inquiétude que nous lisons cette adresse de Jérôme Michel à Huguenin : « Vos pages ont gardé enclos dans leur silence d’encre et de papier le reflet de celui que j’étais lorsque je vous lisais dans la ferveur de la première fois. » Lire Huguenin est une expérience: chaque page du Journal est une gifle à notre indolence. Huguenin, dès l’origine, fut terrible, stimulant et sévère. « Vous fûtes, écrit Jérôme Michel, s’adressant encore à l’écrivain, un jeune homme agaçant, horripilant même par trop de complaisance, d’apitoiement sur soi, par une certaine façon que l’on a de prendre la pose à vingt ans. Nous vous avons aimé malgré cela, et, ajouterais-je, à cause de cela qui vous rendait fraternel – mais aussi pour votre violence intérieure, mais aussi pour votre tendresse profonde, votre radicalité et votre douceur mêlées. »

Notre époque se sentirait assez bien dans ses pompes, parait-il, pour se passer du romantisme ombrageux, un brin désuet, d’Huguenin : « Aujourd’hui, dans notre présent festif, ludique, sérieusement « sympa » et religieusement « citoyen », Jean-René Huguenin apparaîtrait comme une sorte de prince Erik égaré dans une émission de télé-réalité, un boy-scout attardé, un peu pathétique, anachronique, irrévocablement inadapté au business et à la lutte contre toutes les discriminations. » remarque justement Jérôme Michel.

Qui était, à la fin des fins, Jean-René Huguenin ? « De sa courte vie, on ne sait presque rien », constate Jérôme Michel pour s’en féliciter, lui qui n’a pas le goût de fouiller dans les poubelles et qui, avec un tact remarquable, observe qu’un homme se définit « autant par ce qu’il révèle que par ce qu’il cache ». Ainsi nous livre-t-il un très beau portrait, nourri d’affinités et de distance.

Jean-René Huguenin eut l’ambition d’un ange, la vie d’un lutteur fanatique, une mort à grand spectacle. Le Huguenin que nous aimons, c’est l’écrivain à l’ambition inouïe, c’est le jeune homme coupant et lumineux, dont l’intransigeance n’allait pas sans tendresse. « Jean-René, écrit Jérôme Michel, est mort dans l’amour du monde. C’est pourquoi aujourd’hui, cinquante ans après, il est toujours si vivant. »

23/05/2014

Frébourg parle de Roger Nimier


Le journaliste Olivier FREBOURG a publié un ouvrage intitulé "Roger Nimier : trafiquant d'insolence". Il se prête à l'"intervew who's who" et évoque la vie et la personnalité de l'écrivain Roger NIMIER.

21/05/2014

Un rugby de manière

Rugby, sport, Antoine Blondin, Hussard, Club Roger Nimier,

Sur cent mètres de gazon à conquérir ou à préserver, le rugby est d’abord un sport stratégique où l’occupation de l’espace suggère en profondeur les images du patrimoine et du terroir. La touche et la mêlée, ces fabuleuses usines essaimées sur les terrains vagues des stades, y broutent leur lopin de pelouse à la conquête d’un objet de cuir qu’on peut considérer, selon l’humeur, comme une matière première ou comme une fin dernière. Il est permis, en effet, de s’en remettre à un grand coup de pied du soin de se débarrasser pour longtemps de ce trésor trop brûlant dont la possession vient de provoquer une telle débauche d’efforts. L’attitude peut paraître paradoxale, désinvolte, voire ingrate. Elle ne saurait en aucun cas qualifier ceux que l’exercice séculaire du rugby a baptisé du fier nom d’attaquants… À un rugby de matière bien calé sur ses règles, elle oppose un rugby de manière, où la tradition ne se perpétue que dans le renouvellement.

C’est alors qu’éclate une vérité qui nous confirme qu’en 1823, l’étudiant William Webb Ellis, en prenant soudainement un ballon de football entre ses bras, n’a pas fait son voyage pour rien : à savoir que le ballon de rugby, élaboré dans les fabuleuses usines de la touche et de la mêlée, est destiné par la meilleure des providences à devenir un produit "manufacturé - Antoine Blondin

Littérature de combat

Jean-René Huguenin, Littérature, combat

La moitié de la nuit passée avec Jean-Edern Hallieret Sollers, à essayer de nous entendre sur la revue. Je suis maintenant convaincu qu’aucun accord n’est possible avec Sollers. J’ai beaucoup d’estime et de respect pour lui ; n’empêche qu’il est dans le prolongement d’une race que je hais, la race de l’intellectuel hanté par le langage, le mot pour le mot, replié sur soi comme une vis sans fin, complètement coupé du monde, tout harnaché de littérature, protégé des superbes fécondes blessures de la colère, de l’amour et de l’honneur à vif. C’est une race stérile, comme on dit d’un pansement, d’un scalpel, qu’il est stérile. Ces gens-là sont immunisés contre toutes les maladies de l’âme, ils ont des âmes flambées, des âmes bouillies, lisses et blanches comme le marbre des laboratoires, ils sentent le bouin. l’alcool et l’éthylène, leurs gros yeux froids sont ceux des microscopes. Écrire leur [vie] est une fin en soi, un art pur. Moi je ne connais pas d’autre littérature qu’une littérature de combat. Je peux même dire que je ne connais pas de grande vie qui ne soit une vie de combat.

 

Jean-René HUGUENIN - Journal

20/05/2014

Club Roger Nimier

Club Roger Nimier, Antoine Blondin, Jacques Laurent, Michel Déon, Hussards

Le "Club Roger Nimier", une geste très pudeur et fidélité assortie de bien des insolences. Un nom de Hussard décoché presque au hasard et une étiquette de droite buissonnière...

16/05/2014

Une âme affamée

Jean-René Huguenin, JRH, JPB,

Une âme riche est une âme affamée. Au jour du jugement, il sera demandé à chacun de nous selon sa faim - Jean-René Huguenin, Journal (1955-1962)

15/05/2014

L’amour du bruit et du sang - Jean-René Huguenin

 

Jean-rené Huguenin, jeunesse, génération, barbare, culte, décadence

Au beau milieu d’une civilisation soi-disant raffinée, au point de passer pour décadente, une génération retrouve tout à coup le culte primitif du saccage, les convulsions des danses profanes, l’amour du bruit et du sang, une espèce d’héroïsme barbare - Jean-René Huguenin

 

12/05/2014

Prix Roger Nimier 2014 : rendez-vous le 03 juin

prix roger nimier,michel déon, JPB

Les organisateurs du prix Roger Nimier ont annoncé la dernière sélection des livres retenus pour la 52e édition du prix.

Le jury du prix Roger Nimier a annoncé mercredi 7 mai les derniers livres sélectionnés pour le prix qui sera décerné mardi 3 Juin à 12 h au Fouquet’s, à Paris, dans le salon Roger Nimier.

Il s’agit de :
- Les matins translucides, de Philippe Lacoche (Ecriture). L’ouvrage, publié en août 2013, raconte l’histoire d’un homme qui revient sur les lieux de son premier amour, et se demande pour quelle raison leur histoire n’a pas duré. Il part retrouver son ancienne amoureuse pour obtenir des réponses.

- La captive de Mitterrand, de David Le Bailly (Stock). Publié en mars 2014, ce livre revient sur la vie d’Anne Pingeot, conservatrice au Musée d'Orsay, qui deviendra la maîtresse du président de la République, et mère de sa fille Mazarine.

- Une sainte, d’Emilie de Turckheim (Héloïse d'Ormesson). Paru en août 2013, ce roman met en scène une femme persuadée qu’elle sera un jour canonisée. Elle devient visiteuse de prison, rendant visite à un détenu toutes les semaines. Mais quand ce dernier est libéré, elle se rend vite compte qu’elle n’a plus aucun pouvoir sur lui. Elle l’accuse alors d’un viol qu’il n’a pas commis.

Créé en 1963, le prix Roger Nimier récompense un jeune auteur dont l’esprit s’inscrit dans la lignée de l’œuvre littéraire de Roger Nimier, chef de file du mouvement littéraire dit des “Hussards”.

Exclusivement masculin, le jury 2014, présidé par Jean-Marie Rouart, est composé de Michel Déon et Erik Orsenna, de l’Académie française ; Denis Huisman, Bernard Chapuis, Marc Dambre, Stéphane Denis, Eric Neuhoff, Christophe Ono-Dit-Biot, Patrick Poivre d’Arvor, Philippe Tesson, Denis Van Cauwelaert et Florian Zeller.
 
Texte : Manon Quinti
Dessin : JPB

10/05/2014

J'ai juré de vous émouvoir, d'amitié ou de colère, qu'importe ! - Bernanos

Bernanos, amitié,

Publié dans Citation | Tags : bernanos, amitié, colère | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Pin it!

08/05/2014

J'ai cru trop longtemps aux vacances par Eric Ollivier

Eric Ollivier, J'ai cru trop longtemps aux vacances,

Et pourtant, l'appel de la vie méditative, tentation, sinon sainteté, d'austérité et de distance, retentit parfois - Eric Ollivier [Prix Roger Nimier 1967]

07/05/2014

L'acte de naissance des Hussards !

grognards, hussards, Bernard Frank, Blondin, Nimier, Déon, LaurentIls se délectent de la phrase courte dont ils se croient les inventeurs. Ils la manient comme s'il s'agissait d'un couperet. À chaque phrase il y a mort d'homme - Bernard Frank au sujet du style Hussard.

05/05/2014

Roger Nimier illustré par JP

JP, Roger Nimier, Terra Ignota

Dessin de JPB 2011. Roger Nimier - Aston Martin. Créé pour le site www.terra-ignota.fr